31 octobre 2008
Fête du livre du Var à Toulon

Les Fantômes de Sénomagus se promènent : je reçois un courriel de Shanghaï de mon premier lecteur inconnu , un texto d'Irlande du Nord de mon amie Elaine, et les 22 et 23 novembre je serai avec eux à la Fête du livre du Var à Toulon : tables rondes, rencontres, lectures sur le thème de la gastronomie en littérature. Je sens que Madeleine Angelin et Cécile Auzias frissonnent de plaisir...
Mes fantômes sont passés par Lourmarin, dans le bureau de Didier Fernandez qui les a scrutés, disséqués et le résultat figure dans son Petit Didier Illustré n°2. Nous avons beaucoup de références communes en matière de cinéma et de bouquins...
Plus tard...

... chut, je ne fais que passer, je laisserai des traces écrites plus tard !
Seule, je recharge les piles, m'interroge en paix, écris,
lis... Je scie du bois, j'arpente les sentiers, je goûte à la neige fraîche et je prends des photos. Je crois que je sème des cailloux comme le Petit Poucet, je recueille des traces matérielles de mes souvenirs pour le cas où je deviendrais amnésique.
D'une montagne à l'autre
J'ai honte de ne pas avoir honte... et non, même pas ! On m'a prêté un chalet isolé au-dessus de Digne, j'ai décidé d'y aller seule, histoire de recharger les piles, m'interroger en paix, écrire, lire...
26 octobre 2008
Je file, à la semaine prochaine.
25 octobre 2008
Vrai soleil
Ce matin en ouvrant les volets, je me sens l'âme et le coeur tout frémissants, l'air est cru comme je l'aime et le soleil découpe des ombres superbes. Au jardin, les amours-en-cage ont perdu la membrane rouge qui protégeait leur coeur à eux et on les voit rutiler derrière un moucharabieh délicat.
Aujourd'hui, je vais dans la Drôme rendre visite à mes parents puis à ma grand-mère qui en moins d'un mois, à 94 ans, est passée du statut de femme autonome qui vivait dans son appartement à celui de paquet encombrant pour certains de ses enfants. Elle s'est cassé le col du fémur, fracture légère qui ne nécessite ni longue hospitalisation, ni séjour en centre de rééducation. Les enfants ont décidé de la placer dans une maison de retraite : chambre à deux, animations obligatoires (si ça me dit de chanter Etoile des neiges en tapant dans mes mains ? A peu près autant qu'à ma grand-mère. Elle pleure). Elle bénéficie d'une pension de retraite confortable, mais insuffisante : les petits enfants ont sans l'ombre d'une hésitation établi des virements sur son compte, la plupart des enfants,eux, se font tirer l'oreille, surtout les plus confortablement installés dans la vie. Des comptes d'une nature différente se règlent, des factures qui auraient dû être soldées sont agitées, toutes les vérités sont dites, je suis effarée. Je n'ai pas une vision béate de la famille ou des hommes et des femmes en général, mais tout de même, je suis effarée. Le pire sont ceux qui professent un sens du devoir inébranlable. Une pureté effrayante. Le sens du devoir nu qui dénude. La chair se délite, l'esprit se contracte. Je fais des voeux pas très catholiques et bien égoïstement, j'aspire à ma semaine de retraite. Si je ne finis pas bouffée par mes chats, serai-je ermite ?
Je regarde les plantes au jardin et je note, pour usage futur, un certain nombre de choses.

A propos du mot chose, j'ai reçu il y a quelque jours le coup de fil d'un prof de fac que j'aimais bien, il dirigeait la Thomas Morley Choir où je chantais comme alto ; il me félicite au sujet du Sénomagus, me demande si j'ai de quoi noter : alors à la page tant, tu as écrit ceci, je te propose plutôt cela ; à la page machin, pour éviter le mot chose, je te suggère telle tournure. Ah le mot chose, la bête noire des profs de français... mais le mot chose de la page machin, j'y tiens.
























