28 mai 2009
Dans le jardin du bien et du mal

Je donne mes derniers cours de l'année ce matin. A présent, jusqu'au 11 juillet, je m'occupe des examens : surveillance, corrections, interrogations. Je suis absolument émerveillée d'entendre les (ir)responsables des réformes diverses concernant l'école raconter n'importe quoi avec aplomb. Tout ce qui fonctionne à peu près est laminé consciencieusement. Installer des portiques et fouiller les cartables, quelle solution admirable... On fait ça aux Etats-Unis depuis la fusillade à Columbine. Ce qui n'empêche pas les agressions. A transformer les écoles en prisons surpeuplées et surveillées par des profs en nombre réduit, nouveaux matons à bout de nerfs, quelle merveilleuse idée ! La voie royale pour installer Le meilleur des mondes...
La conscience de ce monde minable ne m'empêche pas d'apprécier chaque minute de la journée. Le soir, je vais prendre un verre au petit café au bord du lac ; l'eau est si haute que les poissons passent sur les marches d'un escalier submergé. Je reste en contemplation, la nuit tombe doucement.
Je voulais voir le film de Clint Eastwood, Minuit dans le jardin du bien et du mal mais j'ai raté une bonne partie du début. Qu'importe, je me laisse prendre par les personnages et l'atmosphère. Je me procurerai le DVD.
Je vais continuer à lire le superbe roman de Pascal Mercier, Train de nuit pour Lisbonne, que m'avait conseillé Christine.
11 mai 2009
Brodeuses
Ce matin, je suis partie avec Elise à
Budapest, virtuellement, en lisant la dernière entrée de son site ; ce
n'est pas un journal, elle y affiche des humeurs, beaucoup de paroles
de chansons, des impressions de voyages, de lectures... J'aime voyager
avec Elise.
La météo avait annoncé une journée grise, elle s'est trompée, c'est heureux. Hier encore je me disais que j'allais travailler, mais il y a du monde à la maison ; l'effort pour se concentrer est trop grand, je renonce. Je finis par comprendre la raison du branle-bas au village (parcours fléchés, parkings aménagés, navettes,défilé de flâneurs) : en allant chercher le pain, je passe devant l'ancien moulin à l'huile, il abrite une exposition sur les arts textiles (broderies, dentelles et patchwork) . Je ne pratique pas cet art mais je crois bien avoir été marquée par Angélique, le personnage de la brodeuse dans Le rêve de Zola et depuis, de même que je rêve de piles de linge impeccablement rangées dans de vastes armoires parfumées de grains de lavande, je rêve d'être capable de broderies merveilleuses... Juste un rêve agréable qui ne tient pas à prendre corps ! Mais, lorsque j'entre dans le moulin, je suis émerveillée par les ouvrages exposés, issus de la collection d'une certaine Monique Alphand ; des pièces du XVIII° et du XIX° siècle de toute beauté. J'ai du mal à croire que je ne suis pas en présence d'oeuvres d'artistes contemporains tant la plupart sont loin de tous les clichés qu'on peut avoir en tête concernant les "ouvrages de dame". Il y a surtout des patchworks où sont assemblés de petits coupons de soie, bourrette, brocart, ottoman et tussor, de la laine aussi, des cotons, des gazes, des mousselines... Les couleurs jabottent entre elles, chantonnent ou déclament ; un jeté de lit du XVIII° constitué des lanières de bretelles pour les costumes d'hommes toutes brodées de personnages facétieux, d'oiseaux ou de plantes m'enchante. J'imagine, étant donné l'ampleur du travail, que les femmes de la maisonnée se retrouvaient autour de l'ouvrage : il doit garder, emprisonnés dans les fils, les échos des conversations, les petits riens du quotidiens, les confidences, les silences, les conflits... Ces travaux évoquent aussi le long ennui des femmes de la bourgeoisie ou de la petite aristocratie condamnées au fil et à l'aiguille sans pouvoir se mêler aux affaires du monde. Ce qui est sous nos yeux aujourd'hui sont les pièces les plus fines, les plus inventives, conservées avec soin parce que leur beauté est indéniable.
A un autre endroit du village sont exposés des patchworks d'artistes américains, mais aussi le travail virtuose de femmes d'une communauté Amish. Je suis séduite par un tapis qui représente une poule aux couleurs éclatantes, chaque morceau de tissu est traité comme une touche de peinture, le tout rehaussé de broderies délicates, c'est un homme, David Taylor, qui en est l'auteur.
J'ai envie de revoir Brodeuses, le film superbe d'Eléonore Faucher.
Le soir, une surprise m'attend dans
ma boîte électronique. Comme je ne reconnais pas le nom et que le
message comporte une pièce jointe, je manque le détruire sans autre
forme de procès : c'eût été dommage, car c'est une proposition pour
participer à un ouvrage collectif, Une histoire de France en 100 monuments ; je dois cette proposition à Jean-Marie Blas de Roblès qui avait aimé mes Fantômes de Sénomagus
et aussi à Claro, que je ne connais pas mais qui a dû lire mon bouquin
aussi. Quand je découvre la liste des autres auteurs invités je sens un
frémissement que je vais éviter d'analyser : je vois Julia Kristeva,
Robert Badinter et surprise, Hubert Nyssen ! J'ai les mains moites...
Dans la liste proposée j'ai choisi le cloître de la cathédrale de
Fréjus pour son bestiaire et ses motifs végétaux fantastiques. Dans ce
lieu réservé à la méditation dont le coeur est un puits et un jardin,
j'entrevois les passages d'un monde clos à l'espace grand ouvert de
l'imagination la plus débridée. Samedi matin, j'irais à Fréjus pour me
rafraîchir la mémoire.
09 mai 2009
Ce matin je suis partie avec Elise à Budapest.
03 mai 2009
Plan B

Dernier jour de vacances scolaires, je revois ce que j'ai préparé pour la semaine. Une nouvelle fois j'exécute mon plan B : c'est la cabane à outils ! j'aurais très bien pu travailler à mon bureau, la maison était tranquille, mais l'endroit me plaît.
Ce soir, vu Le couperet, de Costa-Gavras. Un film étrange où l'on ne peut faire autrement que sympathiser avec le projet d'un ingénieur au chômage qui consiste à dégommer tous les candidats qui ont des chances de rafler le poste qu'il convoite. Hyper-réaliste...




















