16 mars 2009
Graffiti
Un graffiti gris tourterelle est apparu sur le transformateur EDF devant lequel je passe presque tous les jours, près de mon lycée. On lit : Pablo Loisel et Nola Vollan se connaissent.
Déclaration ou dénonciation ? Il se connaissent. Ils se côtoient, ils
se parlent , ils ont l'un de l'autre une idée précise ? Ont-ils l'un de
l'autre une idée si précise qu'ils se connaissent bibliquement comme
Adam connut Eve et enfanta Caïn ? Tiennent-ils compte l'un de l'autre,
se reconnaissent-ils, tiennent-ils l'un à l'autre ? J'aime bien cette
phrase. Pablo connaît Nola, Nola connaît Pablo, ils se connaissent.
Mais pourquoi l'écrire en lettres si grandes sur un lieu de passage ?
Ont-ils nié avoir des liens particuliers à un certain moment et
quelqu'un a-t-il voulu rétablir les faits, remettre les pendules à l'heure ?
Je me demande bien qui sont Pablo et Nola, moi je ne les connais pas.
Vu un film totalement déprimant, Away from her (Loin d'elle) de Sarah Polley. J'ai
voulu le regarder parce que Julie Christie tenait le rôle principal et que
le scénario est tiré d'une nouvelle d'Alice Munroe, auteur que
j'apprécie. J'y apprends que William Auden et Louis McNeice ont fait un périple
en Islande et en ont ramené une sorte de carnet de voyage rassemblant
notes, lettres et poèmes. Je vais me le procurer, évidemment (ma pile
de livres à lire me fait irrésistiblement penser à la tour de Babel.)
Alaïs continue son travail sur Baudelaire et en discute avec plaisir avec son
père, bien meilleur pédagogue que moi ; c'est un as de la maïeutique et
un ange de patience. Quand j'aborde le sujet du travail scolaire avec Alaïs, je me fais penser à ma propre mère. Ce n'est pas une très bonne référence !
15 mars 2009
Un dimanche
Imprudence et imprévu avancent toujours main dans la main, dit Alain Bashung.
La terre tourne, nos pieds qui bougent dans toutes les directions ne changent pas la destination d'un iota : est-ce utile ? Nous n'en saurions pas plus.
Quand j'allais chez ma grand-mère j'étais impressionnée par les rituels immuables qui dictaient ses journées et le dégoût qu'elle en avait. Pourtant aucun de ses gestes ne variait jamais. J'ai toujours eu l'impression qu'elle s'ennuyait à cent sous l'heure dans son grand jardin et sa grande maison et que le cadre des habitudes la maintenait en vie. Je crois vraiment qu'elle s'est ennuyée à mourir.
La matinée a été incroyablement lumineuse et douce mais le vent se lève. Je ne suis pas allée à la mer et je le regrette. J'ai planté des iris, Je pourrai ficher la paix à mes jasmins, en revanche un gros buisson de santoline a fait les frais de la fureur terrassière de B* ; je vais le replanter dans un talus en espérant qu'il tiendra bon.
14 mars 2009
Equilibre
Petit déjeuner et déjeuner sur la terrasse, au soleil. Au dessert, une fraise, une gorgée de vin, tout le plaisir est dans l'équilibre. Au loin les cyprès paraissent se consumer, des volutes de pollen s'en échappent. Je contemple l'idée d'aller à Cassis marcher le long d'une plage peu fréquentée que je connais, juste pour absorber la lumière et entendre le ressac, je sens que ce mouvement de la mer est juste ce qu'il me faut.
B* creuse une énorme fosse dans le jardin : a-t-il l'intention d'assassiner quelqu'un ? Non, il veut trouver la raison pour laquelle une partie de notre cave s'est remplie d'eau cet hiver, une belle eau claire, filtrée par les graviers de la colline. On se croirait dans une grotte au bord d'un lac souterrain et si cette eau dormante me fascine, je préfère tout de même retourner au soleil avec une tasse de café et un livre. Je n'ai pas d'autre projet que d'aller voir la mer, lire, et continuer mon tissage. Je cherche l'équilibre. B* creuse, il réfléchit tout haut, je crois sans cesse qu'il me demande mon avis. En réalité j'en ai bien un d'avis, mais je me garde de le lui dire... Je crois que les drains ont été envahis par les racines des rosiers, des clématites et des jasmins d'hiver que j'ai plantés, trop près, j'en ai peur. J'attends sa conclusion ; je me demande s'il va réussir à me convaincre de déplacer mes jasmins ou si moi je vais pouvoir lui faire miroiter les avantages d'un lac intérieur... Qui sait, je me trompe peut-être complètement quant à la nature du problème ? Le mieux, c'est encore de faire celle qui n'a aucune opinion sur la question. Je lis.
08 mars 2009
Un peu d'auto-satisfaction

En cette journée de la femme, en tant que membre d'une espèce en danger au même titre que le panda et le lys martagon, c'est aussi ma fête... je ne résiste pas au plaisir de reproduire ce délicieux cadeau que m'a signalé E* par un coup de fil ce matin :
Les coups de cœur de Lydie Reynaud de la librairie L'ENDROIT L'ENVERS à Pierrevert, France
- Le choix des libraires : Les fantômes de Sénomagus - Brigitte Allègre - Actes Sud, Arles, France - 28/01/2009
Peu connu, discrétion et pourtant une perle de littérature féminine. Mérite un franc succès.
Je ne vous connais pas, Lydie Reynaud, mais vous me faites plaisir, merci.


















