28 janvier 2009
Thoreau et sa cabane à Walden Pond

Certains soirs plus que d'autres, je rêve d'une cabane dans les bois (mais avec des cellules photo-voltaïques pour mon ordinateur et une connexion à internet...) ou bien d'un boudoir, d'une cellule de moniale, d'une grotte, d'une cave ou d'un grenier... Ce soir, après sept heures avec mes petits vampires, j'ai seulement envie d'être tranquille face à mon clavier. J'ai juste besoin de quelques heures de solitude complète, chaque jour ; quelques heures seulement, je sais très bien que je n'en supporterais pas plus !
Cet après-midi, j'ai travaillé avec une classe sur la peinture d'Edward Hopper, Summertime, et avec une autre sur un film intitulé Stranger than fiction, d'après une phrase de Mark Twain, Truth is stranger than fiction, but this is because fiction is obliged to stick to probability, truth is not ( la réalité est plus déroutante que la fiction, mais c'est parce que la fiction doit s'en tenir au vraisemblable, pas la réalité.)
25 janvier 2009
Aragon : Les rendez-vous
- I -
Tu m'as quitté par toutes les portes
Tu m'as laissé dans tous les déserts
Je t'ai cherchée à l'aube et je t'ai perdue à midi
Tu n'étais nulle part où j'arrive
Qui saurait dire le Sahara d'une chambre sans toi
La foule d'un dimanche où rien ne te ressemble
Un jour plus vide que vers la mer la jetée
Le silence où j'appelle et tu ne réponds pas
Tu m'as quitté présente immobile
Tu m'as quitté partout tu m'as quitté des yeux
Du coeur des songes
Tu m'as quitté comme une phrase inachevée
Un objet par hasard une chose une chaise
Une villégiature à la fin de l'été
Une carte-postale dans un tiroir
Je suis tombé de toi toute la vie au moindre geste
Tu ne m'as jamais vu pleurer pour ta tête détournée
Ton regard au diable de moi
Un soupir dont j'étais absent
As-tu jamais eu pitié de ton ombre à tes pieds
- II -
Je ne t'ai jamais trouvée aussi belle qu'à l'heure où tu désespères de toi
L'émail m'éclate à l'oeil de cette clarté sur ma vie à l'approche de ton visage
Les mots sont en miettes de te voir les rimes meurent au moindre geste que tu fais
Être à ton souffle est suspendu vivre à ta voix Je ne suis que la peur de ton silence
Il me faut prendre à te parler des chemins fous pour te surprendre au coeur des rêveries
Et je te donne dans les mots des rendez-vous où tu ne viens pas une fois sur mille
Mais la millième la millième
- III -
Je ne sais plus où donner de la tête
Je ne sais plus de quoi te protéger
Ô mon amour à qui tout est tempête
Tout est danger
Ô mon amour qu'en vain d'autrui je garde
Chaque parole est piège à mes tourments
Les choses tues me font l'âme hagarde
À tout moment
J'ai peur du vent de l'ombre et la lumière
J'ai peur en moi d'un enfer mal dompté
Vivre est toujours cette terreur première
Du vivre ôté
Je vois le mur et j'entends la truelle
C'est dans mon coeur que le temps est creusé
Ô toi qui tiens dans ta bouche cruelle
L'instant brisé
Viens je t'attends mon bourreau sans visage
Depuis longtemps tout bas je t'appelais
Ainsi pourquoi faire durer l'ouvrage
Fouiller ma plaie
- IV -
Tout ce que je ne puis à haute voix te dire
Ce blé secret dans moi qui se flétrit montré
Ma parole n'est qu'une excuse à l'impudeur de l'âme
Un masque où le regard trahit seul sa profonde contrée
Même un baiser fût-il une flamme à la Pentecôte
Même la violence et le lit dévasté
Tout ce qu'un son résume est trahison de la bouche
Un pan d'étoffe sur le visage inavouable de l'amour
Je me souviens de toi comme un palais qui parcourt ses propres chambres
Quelque part dans la montagne au dessus d'Aix-les-Bains
Ou le bateau qui nous emporte en Amérique
Ou le parfum des roses piétinées
Quand nous sommes revenus après le départ des soldats
Je me souviens de toi comme d'une chose interdite
Comme le voleur d'avoir pris
Ô mon amour ô mon crime
Et même à toi je cacherai combien je t'aime
Tu ne supporterais pas ce feu dont je brûle sans fin
Déjà le peu de dire est trop j'en tremble j'imagine
Ainsi chaque pas inventé dans l'espace inventé pour les hommes périsélènes
Ou comme un cheval dans sa course pris de la male-faim le meurtrier qui n'a plus de mots que pour le meurtre
Oh je ne dirai pas je t'aime j'ai trop peur
Des flambures que cela laisse à l'homme intérieur
À son gosier
- V -
Qui n'aime à douleur peut-on dire il aime
Laissez-moi t'aimer ce peu de moi-même
Ce reste du temps toujours contesté
Laissez-moi t'aimer ce rien que je dure
Et cesse durer par même aventure
Que se meurt le chant pour être chanté
J'aime à contre-temps d'une amour qui semble
Un déchirement sans fin d'être ensemble
Et ne l'être plus un déchirement
Sans fin de savoir où cela nous mène
Et la fin pourtant dans mes mains humaines
De ce coeur qui bat inhumainement
Dieu que chaque nuit me rend dérisoire
Un peu plus ce coeur et sa longue histoire
Et fait chaque jour un peu plus affreux
Cette amour en moi qu'à mourir je porte
Et qui me meurtrit d'un jour être morte
D'un jour être cendre est malheur du feu
- VI -
Et ce n'est point aimer que n'aimer à douleur
Cette main que je tiens encore elle s'enfuit
Tout le bonheur du jour n'annonce que la nuit
J'aurai passé comme un voleur
Voleur de moi le coeur me bat mes pas m'effraient
Le temps entre mes doigts n'est qu'un dieu périssable
Et le sang qui m'habite a la couleur du sable
Ma mort est écrite à la craie
Pauvre cheval en plein labour hanté des femmes
Pauvre cheval jamais rassasié du foin d'aimer
- VII -
Une fois c'était la guerre il n'y avait
Qu'un souffle pâle et des pas lourds il n'y avait
Qu'un monde inverse et des bras vides
Il n'y avait qu'un soleil séparé d'un coup de sabre
Ô visage blessé
Et les papiers collés des vitres
Une fois c'était la guerre et le désert des Tuileries
Un temps nu de poussière et de soupçons
T'en souviens-tu rue de la Paix
Nous avions choisi ce bar aux rideaux plissés pour une improbable rencontre
J'y penserai plus tard quand tout semblera perdu
Nous n'y sommes jamais entrés par la suite
Le temps de nous rejoindre et j'avais les cheveux blancs
La vie est pleine ainsi de portes battantes
De projets sans toiture et de marches manquées
Il me semble aussi que quelque chose à la craie
Indiquait au plafond d'où viendrait la lumière
C'était un appartement que nous n'avons pas loué
Dans une petite rue étroite rive gauche
Et nous ne sommes pas allés ensemble à Grenade
Je n'étais pas avec toi dans les îles du corail
Et tous les films à la dernière minute qu'on renonce à voir
Je t'ai attendue à tous les coins de vie
Rendez-vous rendez-vous manqués
Combien de fois suis-je sorti dans l'escalier
Pour te voir qui fait halte entre les deux étages
Or ce n'était pas toi
Regarde ce grand chapelet d'amertumes
Où je dis mon chemin de croix
Un taxi s'est arrêté devant la porte
Il en est sorti dans la nuit un monsieur qui ne te ressemblait pas
Je suis mort tant de fois de t'attendre
Et tu n'en as jamais pleuré
Bien plus tard bien plus tard l'avion qui t'apporte
Mystérieusement fait demi-tour dans le ciel du Bourget
Je t'ai d'en bas regardé fuir vers Amsterdam
Mais simplement chaque soir lorsque tu fermes les yeux
Et qu'importe si ce n'est pas cette fois la Hollande
Je ne crois pas un mot des rêves racontés
C'est toujours la guerre pour moi quand tu t'éloignes
Ou si tu dors toujours la guerre écoute l'heure
Après l'heure sonner
Cigogne en l'air qui s'étonne
Pour s'être trompée de saison
Oh si tu savais seulement comme auprès de toi chaque nuit
J'ai chaque nuit appris ce qu'est la solitude
L'existence après tout n'est qu'une nuit plus longue
Mais qui n'a point la fin d'une aube
Et même contre moi je sais bien que tu es dans la chambre à côté
Cette fois cette fois n'est pas encore la millième
- VIII -
Ainsi je t'aurai toute la vie attendue
Présente absente ailleurs ici proche et lointaine
Je t'aurai mendié de silence je t'aurai
Mangé de paroles comme une orange
J'aurai perdu ta trace une fois nuit
Une fois jour perdu ta main prise dans l'ombre
Ta merveilleuse main d'enfant enfui.
Ainsi je t'aurai toute la vie attendue
Il est trop tard pour espérer afin t'atteindre
Je n'aurai pas trouvé les mots tout
N'aura semblé qu'un murmure un étouffement de cris
Je ne t'aurai donné que ce chant avorté de moi-même
Tu n'auras pas entendu ni personne
Entendu le battement en moi de ce grand oiseau rouge
Je n'aurai donc été vers toi qu'une phrase sans fin
Il est trop tard et caetera
Mais même si mais même alors même comme
Un chien qui cherche en vain son maître et traîne
Une chaîne arrachée
Même sans espérance
J'arrive au bout de ce voyage au moins
Pourtant toujours semblable coeur sanglot semblable
J'écoute en arrière de moi sur la route
Ce bruit de toi blessé ce bruit bleu ce bruit blanc
Ce bruit bluté de blé ce bruit redoublé
De toi par où nous fûmes
Et je te tends encore une fois mes bras de fumée.
ARAGON
24 janvier 2009
Vie de couple

Pas facile, la vie de couple. Mais je dirais que, l'un dans l'autre, on ne se débrouille pas si mal...
22 janvier 2009
Liste
Tu aurais plus vite fait de faire une liste de ce que tu n'aimes pas, me dit-on, une ironie légère dans le ton.
C'est que je préfère ne pas parler de ce que je n'aime pas . Quelle utilité ? Le seul malheureux qui a droit à ce genre de litanie, c'est Bernard. Il a une auréole, d'ailleurs. Aux autres, je réserve une part plus allègre de ma personne, ou alors je reste calfeutrée dans mon terrier.
21 janvier 2009
Inédits

Une rubrique s'ouvre enfin sur le site d'Hubert Nyssen, celle de textes inédits ou peu connus : à découvrir d'urgence, pour le plaisir.
20 janvier 2009
Ferveur et instants de grâce
Le matin, je pars toujours largement à l'avance, je déteste arriver juste à l'heure pour commencer les cours. J'ai besoin de temps pour passer de la voiture aux salles de classe. C'est que dans la voiture, j'écoute et c'est une activité à laquelle j'ai du mal à renoncer ; il me faut du temps pour ranger, mettre à l'abri, les réflexions ou les rêveries suscitées par les voix qui m'ont traversée au cours du trajet pour rumination ultérieure. Ces 40 km qui me séparent du lycée chaque jour modifient quelque chose en moi, parfois le changement est presque imperceptible, d'autres fois il est plus radical, mais j'ai besoin d'ajuster mon masque, d'endosser mon rôle social et professionnel. Au retour, j'ai besoin du même temps pour l'ôter.
Ce matin, même l'embouteillage ne parvient pas à m'angoisser, je passe de France Inter à France Culture ; pendant les pauses publicitaires j'écoute le disque de Marcio Faraco resté dans le lecteur. Ce matin, Nicolas Demorand et son invité Justin Vaïsse, un historien directeur de recherche à la Brookings Institution de Washington ont prononcé le mot ferveur six fois en moins de quarante secondes au sujet de l'investiture de Barack Obama. Ce mot a longtemps fait partie de mes préférés, maintenant moins ; je vieillis ou je mûris, c'est à voir.
Sur France Culture, à 7h 25, Caroline Eliacheff se demande dans sa chronique si nous sommes capables de reconnaître la beauté, (l'intraitable beauté du monde dit-elle) n'importe où, sous n'importe quelle forme et surtout de prendre le temps de l'apprécier. Elle raconte l'histoire d'un violoniste dans le métro, et en cherchant un peu à l'aide de l'inévitable St Google, je trouve qu'il s'agit d'une expérience initiée par un journaliste du Washigton Post : le 13 janvier 2007, il place un jeune violoniste affublé d'une casquette de baseball dans une station de métro, l'Enfant Plaza à Washington DC, le matin à l'heure où tout le monde part rejoindre son travail (dans ce quartier, principalement des fonctionnaires de classe moyenne). Pendant quarante minutes le violonneux taquine Bach, Schubert, Massenet : presque personne ne s'arrête, il récolte tout de même un peu plus de trente dollars. Très peu de personnes, sur les 1100 qui sont passées, ont reconnu Joshua Bell, un des meilleurs violonistes du monde qui donnait ce concert impromptu sur un Stradivarius de quatre millions de dollars. J'aimerais croire que je me serais arrêtée pour écouter ; je suis sûre que je n'aurais pas identifié Joshua Bell, je ne le connais ni d'Eve ni d'Adam, mais j'espère que j'aurais été séduite par la musique et que j'aurais accepté d'arriver en retard à mon travail pour ce petit morceau de beauté. Hélas, j'en doute ; mais pour la plus bête des raisons : par timidité je crois. Ecouter de la musique dans un lieu de passage me gêne, j'ai l'impression d'être prise en flagrant délit d'un plaisir illicite... Oui, je le reconnais, le poids des conventions sociales pèse sur moi. C'est difficile de reconnaître et de céder à la beauté, au plaisir et au
bonheur, les rares instants où l'on s'y autorise sont de fragiles
instants de grâce, de petits miracles d'autant plus précieux.
En tout cas, l'article que Gene Weingarten a tiré de cette expérience, Pearls Before Breakfast, lui a valu le prix Pulitzer (si vous cliquez ici, vous pourrez le lire, c'est passionnant, et voir plusieurs extraits de la vidéo qui montre Joshua Bell et les passants).
J'écoute d'une oreille la radio, c'est le soir, j'entends que pendant six minutes, les Etats-Unis n'ont pas eu de président. Quel scénario pourrait-on imaginer pour ces minutes ?
19 janvier 2009
The Prisoner is gone
J'ai appris, avec un peu de retard, que Patrick McGoohan était parvenu à s'enfuir du Village. J'espère que la cauchemardesque boule blanche ne lui a pas barré l'accès aux Champs Elysées.
16 janvier 2009
Traces

Je longe un champ au soleil. Je m'approche d'un tas de pierres, ce sont des stèles brisées, on y distingue à peine des noms et des dates, un ancien cimetière vaudois. Les os des morts nourrissent les amandiers dont les bourgeons gonflent comme des brioches et les mousses sur les noms croissent. Nous sommes assujettis au règne végétal, croire le contraire est une illusion...
14 janvier 2009
Résister

Extrait d'un article paru dans le Monde en ligne d'aujourd'hui où je lis que 80% des Israéliens continuent de soutenir la guerre :
Où
l'on voit que la volonté de réfléchir, de ne pas vouloir à tout prix
zigouiller le voisin, n'a jamais été, n'est pas, l'apanage de la
majorité. Et comme il faut conjuguer cette affirmation au futur, je
préfère me réfugier dans les 80km² de forêt au Mozambique découverte
grâce à Google Earth : rendez-vous compte, un espace qu'aucune carte ne
répertorie (encore), un espace où disparaître sans laisser de traces ;
sûrement pour peu de temps, hélas.
Il
y a d'autres endroits sur le globe qui nous sont complètement inconnus
comme les fosses de 8 à 11 000 mètres de part et d'autre d'une chaîne
de montagne sous-marine qui s'étire des Açores à l'Islande. Un peu
difficile d'accès, cet endroit vierge d'humains ; et pourtant, même là,
on va taquiner le goujon. Il y a cinq ans, un groupe international de
scientifiques , le projet Mareco, a invité plusieurs établissements
scolaires européens à relayer une partie des informations glanées au
cours de la mission d'exploration de ces abysses. A cette occasion,
j'ai visité le Musée des Sciences à Bergen où sont conservés des
spécimens de bestioles des grandes profondeurs et aussi le bateau
spécialement affrété pour le projet. C'est réconfortant de travailler
avec des humains qui préfèrent ouvrir leurs yeux, leurs oreilles, et
réfléchir au lieu de se déchirer ou de plastronner.
Je ne voudrais pas que ce
journal se transforme en annexe du Café du Commerce, je réagis de
manière épidermique,, je sais, je n'ai pas d'arguments solidement
étayés à avancer sans bégayer au cours des conversations troublées où
certains naviguent forts de leurs certitudes. Je suis en colère de me
sentir impuissante. Et il y a des jours où je n'arrive pas bien à me
recroqueviller dans ma bulle.
Je suis déçue, je suis
rentrée trop tard pour aller au Hakuna à l'atelier d'écriture où je
rencontre des femmes qui résistent de toutes les façons possibles et
les meilleures qui soient. 
Le Pavillon Noir à Aix, un acte de résistance architectural face aux prétentieux bâtiments néo-gréco-provençaux qui prévalent dans la ville et dont on voit un exemple dans le reflet. Pacotille.
PS : c'est exactement le même article que dans Portes et Miroirs II dont le lien est ci-contre... pas le courage d'effectuer quelques transformations ! Demain...
13 janvier 2009
A la frontière

Je me suis livrée à une de mes activités favorites, déambuler sans but. Ce matin, à Aix, jour de marché, pourtant les places sont presque désertes. Je remonte vers la cathédrale, prends une enfilade de petites rues, silence, intense ; il dure. Un vieux chien fait la sieste près d'une de ces plaques en fonte qu'on trouve partout en ville : mon regard une fois attiré, je ne vois plus qu'elles et les mots qui y sont gravés. C'est comme un éloge de la marelle, je commence à pont pour franchir des eaux, j'évite la mousson, croise le vice, ne m'enfuis pas au trot, je l'affronte et je dis no. Je flâne, l'air est vif, j'ai les mains gelées et chaque seconde au soleil tranquille de cette rue est un minuscule bonheur, qui ne me coûte rien, n'enlève rien à personne. Je prends des photos et suis toute absorbée par ce que l'objectif me fait découvrir : quelle porte ouvre cette serrure à mes pieds ? Par le trou j'entrevois une silhouette qui me fait signe. Je suis Alice, je n'ai bu que de mon infâme Lipton Yellow ce matin, pourtant j'ai rétréci et me promène dans un curieux labyrinthe. Ce monde minuscule me donne le vertige. Dommage, je dois retourner en cours, je me promets de revenir.

























