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En 1986 ou 87, il y avait une publicité qui m'amusait beaucoup ; je ne sais absolument plus ce qu'elle vantait, mais elle montrait une série d'objets de rêve, de lieux splendides et à un moment on entendait une femme dire emmène-moi à Manosque... sur le ton de décroche-moi la lune... Et B*, m'a emmené à Manosque.

Tout à fait par hasard nous avons pu entendre Mathias Enard parler de son roman Zone. Je l'ai commencé, j'ai été éblouie par la virtuosité de l'écriture mais je suis toujours méfiante quand un auteur utilise l'actualité, même un peu lointaine, comme matériau.En plus je suis irritée d'entendre que le roman de 500 pages est constitué d'une seule phrase comme si dès lors, tout était dit. Alors, je l'avoue, je traînasse un peu. Cependant ce qu'il a révélé de son travail , de son parcours, et surtout sa lecture à haute voix de quelques pages m'incitent à continuer avec un intérêt beaucoup plus soutenu.

Theo_HakolaMais  la véritable rencontre fut celle d'un auteur, Théo Hakola, aux origines finlandaise et suédoise, né et élevé à Spokane dans l'état de Washington. Il parle un français superbement nuancé et s'il écrit en anglais, il traduit lui-même son travail. Je suis toujours très circonspecte (moi qui lis en boucle un petit choix de romans anglo-saxons et quelques auteurs francophones triés sur le volet), mais l'extrait qu'il a choisi de lire m'a tout de suite transportée d'aise. La langue est superbe, les personnages baroques, l'univers mis en place sur un fil tendu qui semble conduire de l'autre côté des miroirs.

A la fin je suis allée discuter avec lui et je suis repartie avec La valse des affluents (c'était le dernier exemplaire : pour acheter ce volume ainsi que celui qui le précède, La route du sang, il faut aller sur le site de l'auteur, apparemment en raison du rachat  houleux de la maison d'édition Le serpent à plume par Le Rocher, je crois ; le dernier, Le sang des âmes, paru aux éditions Intervalles en mai 2008 est disponible en librairie).
Tout un faisceau d'indices me porte à croire que je vais me régaler et le plus évident à mes yeux, c'est qu'il s'est servi de La Chartreuse de Parme pour écrire Le sang des âmes. Je crois fermement que quiconque se choisit Stendhal pour maître ne peut pas être un mauvais cheval...
Enfin, j'en dirai plus quand j'aurai lu le roman, ce qui ne saurait tarder : je suis impatiente.